LA MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES INTERPELLEE PAR LES DEPUTES SUR LA SITUATION DE SON DEPARTEMENT

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Dans son mécanisme de contrôle de l’action gouvernementale, l’Assemblée Nationale au regard de certains sujets qui défraient la chronique ces jours-ci à Bangui, a interpellé le mercredi 18 mars 2020, la Ministre des Affaires Etrangères et des Centrafricains de l’étranger, Sylvie BAIPO-TEMON.

La Séance aux fins d’interpellation placée sous la houlette de l’honorable Laurent NGON-BABA, numéro 1 de la Représentation Nationale avait pour motifs déclinés en ces termes par Bernadette GAMBO SOUANINZI, 2ème Secrétaire Parlementaire :

« Madame la Ministre ;

La Représentation Nationale vous interpelle en ce jour, conformément aux dispositions des articles 89 de la Constitution du 30 mars 2016 et 89 tirets 6 de la Loi organique N°17.011 du 14 mars 2017, portant Règlement Intérieur sur trois (03) sujets  concernant le Ministère des Affaires Etrangères et des Centrafricains de l’Etranger.

Ces trois(03) sujets majeurs qui risquent de porter préjudice à ce Département qui est la vitrine de notre pays sont les suivants :

  • La situation récurrente et incompressible du Ministère des Affaires Etrangères et des Centrafricains de l’Etranger ;
  • La question de la délivrance des passeports diplomatiques aux étrangers ;
  • La situation de notre Représentation aux Nations Unies.

Sur la situation du Ministère des Affaires Etrangères et des Centrafricain de l’étranger

Les élus de la nation voudraient être informés sur la situation récurrente incompressible qui mine le Ministère des Affaires Etrangères notamment la mise en œuvre des recommandations formulées par le Syndicat du personnel de votre Département, à savoir :

  • L’enclenchement du processus de validation du projet du statut particulier du Ministère des Affaires Etrangères ;
  • La mise en application les différents textes qui président au fonctionnement régulier du Ministère des Affaires Etrangères (Organigramme, carte diplomatique et plan d’effectif) ;
  • La mobilité et à la rotation des cadres et agents de l’Etat entre l’Administration centrale et les services extérieurs (Ambassades et Consulats) ;
  • La mise en adéquation les salaires des diplomates et du personnel des missions diplomatiques et consulaires avec le niveau de vie du pays d’accueil ;

 

  • Le respect des domaines de compétence du Ministère des Affaires Etrangères conformément aux Conventions de Vienne du 18 avril 1961 et du 24 avril 1963 sur les relations diplomatique et consulaires au niveau des institutions nationales ;
  • La Régularisation des situations administratives d’intérim des postes vacants et du personnel de surface exerçant au Ministère des Affaires Etrangères ;
  • La convocation des Conférences des Ambassadeurs ;
  • L’application du quota des Ambassadeurs de carrières (3/4) et des Ambassadeurs (1/4) ;
  • Le respect de l’exécution du budget de rapatriement et de mise en route du personnel diplomatique et administratif, rappelé ou nouvellement affecté dans des missions diplomatiques et consulaires ainsi que la prise des crédits de fonctionnements et des loyers (chancellerie et résidence).

Sur la question de la délivrance des passeports diplomatiques aux étrangers 

Aussi, la Représentation nationale aimerait être située sur les mesures déjà prises par le Département des Affaires Etrangères et des Centrafricains de l’Etranger par rapport à la situation de la délivrance des passeports diplomatiques aux étrangers, constamment décriée dans la presse écrites ces derniers temps.

Sur la situation de notre Représentation aux Nations Unies

Enfin, la Représentation Nationale aimerait avoir des éclaircissements sur la suspension de la République Centrafricaine du droit de vote à l’Assemblée Générale et dans d’autres instances de l’organisation des Nations-Unies ainsi que sur  la question des loyers de la Chancellerie et de la Résidence.

Tels sont, Madame la Ministre, les éléments de l’interpellation de ce jour ».

 

   Le Président de l’Assemblée Nationale après quelques échanges d’amabilité avec la Cheffe de la diplomatie centrafricaine l’a invitée à donner ses impressions sur l’exposé de motifs du jour et c’est qui fut fait avant d’ouvrir la voie aux débats.

Dans l’ordre, les groupes parlementaires : Chemin de l’Espérance, URCA, KNK, La Renaissance, MLPC et MCU ont monté à la tribune en plus des interventions à titre individuel pour exprimer leurs préoccupations axées sur l’affaire des faux passeports diplomatiques supposés vendus à des étrangers contre une forte somme d’argent, la cessation de travail du personnel pour fait de grève et l’arrestation de certains responsables syndicaux, le non versement par la RCA de ses cotisations aux Nations Unies, l’état réel de la diplomatie centrafricaine avec les autres pays de la CEMAC, le Togo, le rapatriement du personnel diplomatique en fin de mission ou admis à la retraite ou encore la polémique autour de certaines personnalités de la Minusca.

Point par point, le membre du Gouvernement Sylvie BAIPO-TEMON se montrant à la hauteur de sa mission et maitrisant parfaitement son département, a apporté des réponses satisfaisantes aux préoccupations exprimées par les élus de la nation.

Au sortir ce grand exercice oral, Madame BAIPO-TEMON a reprécisé certaines choses, notamment la délivrance de faux passeports qu’elle a confirmé tout en soulignant que: « Des enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités de chacun ».

 « Seul le Chef de l’Etat ou le Ministre des Affaires Etrangères a les prérogatives de signer un document diplomatique », a-t-elle précisé.

L’autre point débattu a été celui du mouvement de grève enclenché par le personnel de son département occasionnant l’arrestation de certains responsables syndicaux. Selon la Ministre : « Chacun doit concourir afin d’apporter sa pierre à la reconstruction du pays. Si la grève est autorisée, certains corps de l’Etat y sont exclus. Le personnel a des droits et des devoirs. Mais des discussions sont en cours pour la libération de ces personnes arrêtées ».

Sur les trois(03) personnalités de la Minusca, l’interpellée a fait savoir que : « Il ne s’agit pas du départ de la Minusca comme le pensent certains compatriotes mais, j’ai demandé simplement le retrait ou la permutation de ces personnalités et c’est sous l’autorisation des responsables politiques que j’ai retiré cette demande parce que le Gouvernement a enclenché des discussions pour pouvoir remédier à cette affaire ».

Concernant les rapports que la RCA entretient avec les Etats de la CEMAC, l’oratrice a affirmé que : « Les relations sont bonnes. Un chronogramme du retour au siège de la CEMAC à Bangui est à jour et les choses se font de manière progressive ».