INTERVIEW DU PRESIDENT LAURENT NGON-BABA AU JOURNAL «LE CITOYEN»

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«Nous sommes en train de moderniser et de moraliser l’Assemblée nationale».

Arrivé au perchoir de l’Assemblée nationale vers fin octobre 2018 à la faveur de la destitution d’Abdou Karim MECKASSOUA, Laurent NGON-BABA (LNB) qui assure depuis cette date le magistère de président de cette institution, s’est prêté au jeu de questions-réponses du journal «Le Citoyen (LC)». Le numéro 1 du Parlement centrafricain, élu par ses pairs dans un contexte effervescent lors des élections à l’Assemblée Nationale, notamment des coups de feu tirés dans l’hémicycle par un député, parle de ce qu’est aujourd’hui cette institution qui connassait des scandales financiers à répétition. D’autres sujets d’intérêt national ont également été au cœur de l’entretien avec l’honorable Laurent Ngon-Baba, tout comme des questions liées à son avenir politique, ainsi que sa capacité à gerer trois responsabilités dont il est le detenteur.

LC : Laurent NGON-BABA, Bonjour !

LNB : Bonjour, monsieur le journaliste !

LC : Vers fin octobre 2018, vous avez été élu président de l’Assemblée nationale par vos pairs dans des conditions particulièrement agitées. Avec votre élection, quelles étaient vos priorités, et quelle est l’image que vous imprimez à cette institution ?

LNB : Merci beaucoup ! Je voudrais d’abord vous féliciter pour l’intérêt que vous portez à l’Assemblée nationale qui, sans nul doute, permet à l’opinion nationale et aux lecteurs du journal «Le Citoyen» d’être situés sur le fonctionnement de cette institution et sur ce qu’elle fait. Effectivement, vers fin octobre et début novembre 2018, j’ai été élu président de l’Assemblée nationale. J’ai été élu, comme vous le dites, dans des circonstances très agitées. Et quand j’ai été élu, je me suis dit qu’il faut d’abord tirer les enseignements des griefs que les députés portaient contre mon prédécesseur. Ce qui m’intéressait, ce sont les griefs liés à notre institution, c’est-à-dire l’Assemblée nationale. Et j’ai retenu les points essentiels de ces griefs qui se résumaient en seul mot, à savoir la «mal gouvernance» au niveau de l’Assemblée nationale. Est-ce que l’Assemblée nationale était gérée sous le principe de la bonne gouvernance, puisque les députés notaient beaucoup plus la mauvaise gestion, au plan administratif et financier, des biens meubles ou immeubles. Pour cela, il fallait donc fixer les priorités. D’abord, il fallait avoir des collaborateurs déterminés et engagés à m’accompagner dans ma mission. Je voudrais parler de collaborateurs administratifs. Mais il était impératif de définir un cadre organique de l’Assemblée nationale, puisque l’organigramme n’existait pas. J’ai, en priorité, amené mes collègues membres du Bureau à se pencher sur la mise en place d’un nouvel organigramme. C’est ce qui a été fait, avant que le mouvement du personnel ne s’ensuive : le mouvement du personnel au niveau du Secrétariat général, de l’Administration générale et au niveau de mon Cabinet. C’est un travail continu, puisque nous venons tout dernièrement de procéder au mouvement des chefs de bureau.

A côté de l’organigramme, il fallait régler le problème de la mauvaise gestion financière. On s’est attaqué à l’élaboration du règlement financier qui constitue la règle de base de la gestion de la comptabilité, de l’ordonnancement des dépenses pour ainsi fixer les règles de l’exécution du budget affecté à l’Assemblée nationale. Tout ce travail qui a été entamé a été suspendu pour question d’impératif de vote de loi. Mais il a été repris pour permettre de finaliser le règlement financier afin de permettre à asseoir des règles de gestion financière à l’Assemblée nationale qui imposent des formalités à remplir par chaque responsable. En attendant la mise en place de ce règlement financier, nous avons créé des services adéquats en vue de l’élaboration du budget de l’Assemblée nationale. Aussi, en attendant l’adoption de ce texte, j’ai instruit tous les services, j’ai instruit le Bureau de l’Assemblée nationale pour observer strictement les règles de l’exécution du budget. Aujourd’hui, aucune dépense ne peut être engagée, aucun ordonnancement ne peut être engagé sans le visa de la questure de l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale est appelée à donner son avis sur tout ordonnancement avant que les dépenses ne soient engagées. Tout ceci permet d’identifier la responsabilité de chacun, au cas où un problème venait à survenir.

LC : L’Honorable MECKASSOUA aurait été destitué du perchoir pour faits de corruption, de clientélisme, et surtout de dictature à l’Assemblée nationale, selon certains députés. Pourquoi après son départ, l’Assemblée nationale est toujours dans le creux de la vague ?

LNB : On parle de dictature et de creux de la vague. Mais je me demande s’il y a la vague à l’Assemblée Nationale. Pour moi, je n’en vois pas ! Je n’en vois pas parce que lorsqu’on parle de dictature, je ne sais pas si on fait allusion à la gestion des ressources humaines. Et quand on parle de la gestion des ressources humaines, il faut voir deux catégories : nous avons le personnel administratif et les députés. La gestion des députés à l’Assemblée Nationale n’est pas semblable à la gestion des fonctionnaires parlementaires et de ceux de la Fonction publique. C’est surtout à ce sujet que les députés élèvent le ton au sujet de la représentation de notre institution à l’étranger et auprès des institutions. C’est à ce niveau que se pose le problème. A l’Assemblée Nationale, la règle de désignation des représentants est l’élection. C’est par cette voie que le représentant de l’Assemblée nationale au sein de la Haute Cour de Justice a été désigné. A défaut d’élection, les députés se concertent pour désigner par consensus un des leurs. C’est à ce niveau que des voix s’élevaient parce que les règles n’étaient pas respectées dans la plupart des cas, et surtout lorsqu’il s’agit de missions à l’étranger. Mais l’idéal est de faire en sorte que les députés désignés ne cumulent les postes de représentants auprès des organisations internationales, sinon on risque de se confronter à un problème de gouvernance. J’ai rencontré et sensibilisé des députés qui cumulaient des mandats de représentation, et nous avons pu dégager des postes qui sont affectés à d’autres députés. Il y a de moins en moins de soulèvement pour cette question.

LC :   Un rapport de la Cour des Comptes épingle la gestion de l’Assemblée Nationale. Vous en tant que Président, aviez-vous une responsabilité dans ces maux qui gangrènent le bon fonctionnement de l’Assemblée ?

LNB : Je puis vous rassurer que le rapport qui est établi par la Cour des Comptes est un rapport qui concerne la gestion de l’Assemblée Nationale dans une période bien définie. Il s’agit de l’année 2016 jusqu’à septembre 2018 avant que je ne sois au perchoir de l’Assemblée Nationale. Je pense qu’on ne peut pas parler de la responsabilité de celui qui n’a pas géré à une période donnée. Néanmoins, je pense que les maux qui gangrènent le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, ces maux c’est ce que je venais de souligner tout à l’heure. Aujourd’hui, on se mobilise, on s’attaquer à ce mode de  mauvaise Gouvernance, nous sommes en train d’apporter des solutions nouvelles. Nous sommes en train de moderniser l’Assemblée Nationale à s’avoir un nouvel organigramme mise en pl ace, un mouvement du personnel, on a choisi des Hommes et des Femmes à la place qu’il faut en tenant compte de leur profil pour mettre à des différents postes. C’est cela la bonne gouvernance, les moyens sont limités, en fonction de ce que nous disposons, nous essayons de mettre l’Assemblée Nationale au niveau de l’Institution Républicaine qu’elle représente aujourd’hui.

LC : Parlant de cette affaire de pot de vin par une entreprise chinoise, êtes-vous aussi concerné que certains de vos collègues dont certains vous pointent du doigt ?

LNB : Merci pour cette question qui me donne l’occasion de parler à l’opinion nationale. Je tiens à relever qu’il n’y a pas d’entreprises chinoises en République Centrafricaine. Que cela soit bien compris par tous ! Nous sommes un Etat souverain. Il ne peut pas y avoir une entreprise chinoise en Centrafrique. Les entreprises qui sont installées en Centrafrique sont des entreprises créées selon les règles du droit centrafricain. Donc, ce sont des entreprises centrafricaines, même si les actionnaires peuvent être des étrangers. Cette précision à toute son importance, parce que sur le plan diplomatique, on peut penser que c’est une organisation gouvernementale chinoise. Ensuite, je voudrais noter que me citer parmi dans cette affaire est quand même surprenant. C’est une initiative parlementaire, puisque les députés ayant été informés que certains de nos collègues auraient été corrompus dans l’examen des dossiers chinois, et avons pris le dossier en main en mettant en place une commission d’enquête. Un législateur ne peut pas être un exemple de corruption ! Nous avons décidé d’instaurer la bonne gouvernance en notre sein, nous les députés ! On n’a pas attendu une quelconque institution pour régler notre problème,  moraliser l’Assemblée nationale et les députés centrafricains. La Commission d’enquête qui a été mise en place a auditionné ceux qu’elle pouvait auditionner. Moi-même, j’ai été auditionné en tant que président de l’Assemblée Nationale. Le Rapport de cette Commission d’enquête a été présenté à tous les députés lors du dernier jour de la session extraordinaire. Les députés ayant estimé que le délai ne permettait pas, et nous avons renvoyé la délibération de ce dossier à la prochaine rentrée parlementaire d’octobre prochain. Les responsabilités ne sont pas encore établies puisque les députés n’ont pas encore délibéré sur la question. Je déplore simplement que l’initiative parlementaire soit accaparée par d’autres institutions. Il en est de même du Rapport parlementaire de la Commission d’enquête sur l’exploitation minière à Bozoum qui provoquerait des dégâts sur l’environnement. En tant que représentation nationale, nous ne pouvons pas nous taire. Ce Rapport qui est un outil interne à l’Assemblée Nationale sera présenté en plénière aux députés pour délibération en vue d’en donner une suite. Le Bureau de l’Assemblée Nationale travaille en fonction du Rapport du gouvernement, et le moment venu, les députés vont délibérer en tenant compte de tous ces éléments. Soyez patient ! J’invite l’opinion nationale à être patiente ! A la prochaine session, les députés vont délibérer sur le Rapport d’enquête parlementaire sans aucune pression.

LC : Sur cette affaire de pot de vin, certains de vos collègues vous citent ?

LNB : Merci pour cette question, il faut des occasions pareilles pour permettre à l’opinion nationale et internationale ‘d’être fixée sur ce qui se fait. Je note tout simplement qu’on on parle d’une entreprise Chinoise, mais il n’y’a pas d’entreprise en RCA Chinoise. Que cela soit bien compris par tous. Nous sommes un état souverain, il ne peut pas avoir une entreprise Chinoise en RCA, des entreprises qui sont installées et crées en Centrafrique, sont des entreprises qui sont créés selon les règles de droit Centrafricain. Donc, c’est une entreprise Centrafricaine et elle est de droit Centrafricain. Les actionnaires peuvent être des étrangers, Chinois, français, allemand, russe etc. ils sont des actionnaires mais l’entreprise est régie par le droit centrafricain. C’est une précision importante parce que sur le plan diplomatique, on peut penser que c’est une organisation gouvernementale chinoise qui se trouve en RCA avec des règles de gestion différentes. Ce n’est pas le cas, c’est une entreprise privée régie par le droit centrafricain. Ensuite, je voulais noter que me citer dans cette affaire, c’est une initiative parlementaire, ce sont des députés centrafricains ayant été informés de ce que certains de nos collègues auront été corrompus dans l’examen des dossiers chinois, nous avons pris le dossier en main, et nous avons mis en place une commission d’enquête parce que ,nous ne pouvons pas admettre qu’étant législateurs, que nous donnions l’exemple de la corruption, et nous avons décidé d’instaurer la bonne gouvernance à notre sein de nous-mêmes les députés. On n’a pas attendu une institution extérieure, nous avons pris l’initiative de régler nous-mêmes et de moraliser l’assemblée nationale, moraliser les députés centrafricains. La commission d’enquête mise en place a auditionné, moi-même j’ai été auditionné en tant que Président de l’assemblée nationale mais le rapport de cette commission d’enquête a été présenté en concertation en plénière à tous les députés lors du dernier jour de la session extraordinaire. Les députés ont estimé que le délai ne permettait pas et nous avons renvoyé la délibération de ce dossier à la prochaine session. Ce que je déplore, c’est que la responsabilité n’est pas encore établie, d’autres institutions s’accaparent du dossier. Je vous informe que c’est pour la première fois que l’assemblé nationale met en place une commission d’enquête parlementaire pour auditionner les députés. Parlons de la corruption, non seulement auditionner les députés mais aller enquêter sur l’exploitation minière qui provoquerait des dégâts sur l’environnement et en tant que représentant du peuple, nous ne pouvant pas nous taire. Cette commission a déposé ce rapport au bureau de l’Assemblée Nationale, il revient au Bureau de l’Assemblée Nationale de l’examiner, par la suite présenter synthèse de la conclusion à la plénière et se sont les députés qui doivent délibérer de la suite à donner.

LC : La suite à donner à votre rapport contredirais quelque peu ce que disent les députés ?

LNB : Le bureau travaille en tenant compte du rapport du gouvernement. Le moment venu les députés vont délibérer en tenant compte de tous ces éléments, soyez patients j’invite l’opinion à être patiente et à la prochaine session les députés vont délibérer sur le rapport de la mission d’enquête parlementaire.

LC : Vous n’allez pas succomber à la pression du gouvernement ?

LNB : Je ne sais pas de quelle pression au contraire, généralement c’est l’assemblée nationale qui contrôle gouvernement ce n’est pas le gouvernement qui contrôle l’assemblée nationale et c’est ça la règle. Vous avez vu comment l’assemblée lors de session interpelle le gouvernement en matière de sécurité etc… Je crois que vous êtes témoins de ce qui se fait.

LC : Certains observateurs pensent que l’Assemblée Nationale est dans son rôle ?

LNB : Ceux qui disent ça ignore tout simplement le fonctionnement de l’Assemblée Nationale. Ils ne savent pas comment l’Assemblée Nationale fonctionne.

LC : Parlant justement de pression, certains observateurs pensent que c’est le président TOUADERA qui vous a offert le perchoir, et de ce fait, vous ne disposeriez d’assez de marche de manœuvre. N’est-ce pas une manière de fragiliser l’Assemblée Nationale dans son rôle ?

LNB : Ceux qui disent ça ignorent tout simplement le fonctionnement de l’Assemblée nationale, et je le dis à haute voix. Pourquoi je le dis à haute voix ? Dire que le perchoir m’a été offert par le Président TOUADERA, c’est autant dire que c’était le cas avec celui qui m’a précédé. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de voir comment l’homme travaille sur le terrain. La véritable question, c’est de savoir si j’affaiblis l’Assemblée Nationale aujourd’hui. Je suis là depuis novembre 2018, autant de textes ont été adoptés, autant de décisions ont été adoptées en plénière. Est-ce que l’opinion nationale a constaté un affaiblissement de l’Assemblée Nationale ? Je ne pense pas ! Quand j’ai parlé du fonctionnement de l’Assemblée Nationale, le Président de l’Assemblée Nationale assure l’administration de l’Assemblée nationale. Il a le pouvoir de présider les travaux de l’Assemblée Nationale. Ce que vous devez retenir, et c’est important, les décisions de l’Assemblée Nationale sont prises en plénière par l’ensemble des députés qui adoptent les décisions à la majorité des voix. Cela est différent de la manifestation de l’opinion d’un député qui, dans la rue ou dans un journal, donne son opinion qui n’engage que lui et non l’Assemblée Nationale. Avez-vous remarqué dans les débats à l’Assemblée Nationale que le Président NGON-BABA a cherché à affaiblir l’Assemblée ou cherché à se pencher du côté du gouvernement ou du Président de la République ? Je vous donne l’exemple du Code Electoral qui a été transmis par le Gouvernement à l’Assemblée Nationale. En quoi le Président NGON-BABA a affaibli l’Assemblée Nationale ? Mon rôle n’est pas d’affaiblir l’Assemblée Nationale, mais de faire en sorte que la cohésion existe au sein de l’institution. Et cette cohésion existe ! Vous avez vu des textes importants qui ont été débattus et adoptés par l’assemblée Nationale, par tous les députés quel que soit leur configuration politique. Vous avez la majorité, l’opposition, tous s’engagent dans l’intérêt du peuple centrafricain, ils adoptent ces textes. Je crois que l’exercice de la démocratie dans ce cadre-là et pour cette période-là, je peux dire qu’il est satisfaisant.

LC : Parlant de la cohésion comme vous venez de le dire, quelles sont vos relations avec les autres membres du bureau en particulier les personnalités proches du pouvoir ou bien du MCU?

LNB : C’est là où j’exerce mon pouvoir administratif, C’est là ou j’exerce mon pouvoir discrétionnaire. En tant que Président je dois veiller à la cohésion de l’équipe du bureau de l’assemblée nationale. Vous pouvez constater lors des séances je suis entouré par mes collaborateurs. Je veille à ce que chacun joue son rôle sous mon contrôle et je pense qu’il m’est difficile de faillir. Je veille à ce que la discipline règne au niveau du bureau de l’Assemblé Nationale et pour le moment je dis que c’est la discipline qui règne. Je veille au respect des règles de fonctionnement de l’Assemblée Nationale.

LC : Vous n’avez pas affaire à des supers députés ?

LNB : Ils peuvent se faire supers députés ailleurs mais lorsque nous sommes ensemble, nous sommes en tant que bureau ou membres du bureau censés être régis par le principe de collégialité. Nous débattons des questions, nous arrêtons des décisions ensemble par concertation et dans les débats purement démocratiques, nous arrêtons les décisions pour le fonctionnement de l’Assemblée pour l’intérêt du peuple centrafricain et c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

LC : Parlant un peu de la sécurité, on vient de procéder à une évaluation a mis parcours de l’accord de paix et de réconciliation. En tant que Président de l’assemblée nationale, quelle lecture faite vous de sa mise en œuvre après sa signature le 06 Février dernier?

LNB : Quand on parle de l’accord de paix et de réconciliation du 06 février 2019, il s’agit d’une question délicate alors que tout l’espoir du peuple centrafricain se fondait sur cet accord. Nous les députés, nous sommes élus de la nation, nous sommes là pour défendre les intérêts de la population, nous sommes les portes paroles de la population. C’est dire que si ça ne marche pas, par exemple dans ma circonscription je dois être préoccupé et porter cela vite à l’attention du gouvernement, cherché à avoir des solutions. L’accord était une voie attendue par le peuple centrafricain. Six mois après, il y’a eu cette réunion. On a ressenti une accalmie après cet accord, n’eût été l’évènement de Paoua par les éléments de SIDIKI et vous avez suivi les réactions de l’assemblée nationale. On a interpellé le gouvernement Centrafricain. J’ai pris bonne note de l’engagement de la Minusca à travers son chef qui a haussé le ton. Nous députés, disons merci à la Minusca de donner ce ton et nous espérons que ce ton sera traduit sur l’autel.

LC : Sur l’engagement de la Minusca, on voit bien que ce n’est pas la première fois que la Minusca parle sur ce ton. De fois où face à des situations de péril la Minusca renvoie plutôt la balle dans le camp du gouvernement. Pensez-vous vraiment que c’est la fin du laxisme de la Minusca ?

LNB : Je continue à être optimiste. Je dis une fois n’est pas coutume. Si à l’époque la Minusca le faisait il y’a des nouvelles donnes. Aujourd’hui la Minusca a fait cette déclaration publique à travers son chef. Il faudrait d’abord croire en cela. J’espère que cela sera traduit sur le terrain pour permettre à la population centrafricaine innocente de retrouver la voie de la paix définitive.

LC : D’aucuns disent que vous êtes un super Président, à l’assemblée nationale, au sein de votre partie le PAD et au sein du comité d’organisation du pèlerinage. Est-ce qu’il vous arrive à abandonner l’une de ses responsabilités ?

LNB : Tout dépend des aptitudes de tout un chacun. Face à ces charges est ce que les acteurs ont noté mes faiblesses, je ne pense pas. Ce qui es important c’est ce qu’on évolue dans les cadres diversifiés. Politiquement je suis le leader de ce parti politique, c’est le Parti d’Action pour le Développement. Je ne suis pas Président du PAD après le perchoir, c’est avant le perchoir de l’Assemblée Nationale. Je suis le Président de ce parti et c’est à ce titre là que je travaillais au Gouvernement, que je siégeais à l’Assemblée Nationale en tant que Premier Vice-président en 2011 à 2013. Ce sont des charges que j’ai eues avant que je ne sois Président de l’Assemblée Nationale. Il en est de même du comité national chargé de l’organisation du pèlerinage à la Mecque. Avant d’être un homme politique, j’ai choisi d’abord d’être croyant. J’ai préféré croire à Dieu, je suis la créature de Dieu. Toutes les actions sont guidées par les règles de la morale religieuse et ensuite de la bonne gouvernance et c’est grâce à la religion que j’ai ce comportement aujourd’hui. C’est la culture et c’est cette culture qui a fait qu’en 2014-2015 dans la communauté musulmane lorsqu’il y’avait des problèmes de gestion des pèlerins, parce qu’il y’en avait qui en faisait des activités commerciales au dos des pèlerins alors que non, ce cadre est une question de confiance. Le pèlerin vous remet l’argent, vous accomplissez des missions précises et vous organisez de telle manière que le pèlerin, le musulman qui a payé le frais de pèlerinage pour se rendre à la Mecque, pour accomplir le rite du Hadj, pour demander pardon à Dieu, pour demander à Dieu d’aider la République Centrafricaine. C’est le Gouvernement qui a fait des consultations auprès des Imans que mon nom a été proposé et mon nom a été retenu. C’est ainsi que j’ai été désigné comme Président du comité national pour le pèlerinage depuis 2015.

LC :   Est-ce qu’il n’y’a pas de durée pour votre mandat ?

LNB : Le texte c’est un décret de 2012 qui a créé le comité national pour le pèlerinage, suivi d’un arrêté de mise en application. Le texte dit que le bureau du pèlerinage à un mandat de deux ans renouvelable, ce n’est pas renouvelable une fois c’est-à-dire que dès lors que la gestion n’est pas retenue, dès lors qu’on n’a pas de griefs vis-à-vis des gestionnaires. On ne change pas une équipe qui gagne. Je voudrais tout simplement dire que jusque-là, l’organisation du pèlerinage n’a pas connu d’insuffisance et je le sais, aller auprès de ceux qui ont effectué le pèlerinage à la Mecque vous les interrogez. Aujourd’hui dans la communauté c’est la paix.

LC : Merci honorable, votre mot de la fin

LNB : Je voudrais remercier le journal Le Citoyen et je souhaite que cela soit fait pour l’ensemble des organes de presse d’avoir voulu se rapprocher de moi, pour avoir directement mon opinion sur les questions qui concernent notre pays. On a besoin de communiquer. Je pense que la bonne manière de se communiquer c’est de se rapprocher, d’aller à la source des informations pour s’avoir ce qui se fait. Vous avez noté que beaucoup de choses se disent sur l’assemblée nationale mais beaucoup de ses choses se disent à tort mais lorsque vous venez à l’assemblée nationale vous trouverez que l’Assemblée Nationale es une autre image différente de ce que certains présentent à l’extérieur. Je suis fier de l’assemblée nationale aujourd’hui, je suis fier de ce que font les députés. Les députés ont pris conscience que la vie de la nation, est entre leurs mains et c’est pourquoi lorsqu’il y’a des sessions extraordinaires qui sont convoquées, s’ils sont en intersession, à mon appel, à l’appel du Chef de l’Etat ils répondent présents.

LC : Est-ce que vous serez candidat à la prochaine élection Présidentielle ?

LNB : Quand on parle des partis politiques, il y’a des organes compétents pour prendre des décisions et  il faudrait que le congrès d’un parti politique se réunisse comme pour le PAD pour introniser les candidats aux élections législatives et se prononcer sur l’élection présidentielle. Le moment n’est pas encore venu. Je ne fais pas dictature, ce sont les militants du PAD qui vont se prononcer et qui vont décider de l’avenir politique du PAD. Mais c’est le résultat électoral du parti qui traduit le positionnement du parti. Je suis heureux de voir aujourd’hui qu’à l’assemblée nationale, vous savez combien nous avons des partis à l’assemblée nationale, 17 sont représentés et vous savez combien il y’a des partis en République centrafricaine, plus de 80 aujourd’hui. Le PAD fait partie des 17 partis représentés à l’Assemblée Nationale. La preuve NGON-BABA est à l’Assemblée Nationale. Je pense que d’ici là, nous nous préparons pour aborder les prochaines échéances. S’agissant de l’alliance avec le MCU, non je n’ai pas d’alliance avec le MCU et le PAD a toujours œuvré dans l’intérêt du peuple centrafricain.

Propos recueillis par Eddy DOUALI