Interpellation Spéciale du Gouvernement

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A moins d’un mois d’intervalle, l’Assemblée Nationale dans son mécanisme, d’information, de contrôle et d’action du Parlement sur le Gouvernement a encore de manière spéciale interpellé ce mercredi 12 décembre 2018 le Gouvernement sous la conduite du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Monsieur Simplice Mathieu SARANDJI.

« Interpellation spéciale » comme l’a souligné à l’ouverture de la séance, le Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Laurent NGON-BABA dans la mesure où, elle est exclusivement consacrée à l’Initiative Africaine pour la paix en République Centrafricaine.

L’exercice a été une impérieuse nécessité et un devoir pour le Gouvernement d’éclairer les Elus de la Nation sur tout ce qui gravite autour de ce dialogue dont la tenue effective ne tient à un chronogramme précis encore moins son lieu d’accueil.

De l’exposé des motifs de l’interpellation lu par le Premier Secrétaire parlementaire, l’Honorable Bernard DILLAH, il en ressort que la Représentation Nationale espère que le Gouvernement réponde sur les préoccupations ci-après :

1. Le peuple centrafricain, aspirant à la paix et au développement économique et social, fonde son espoir de retour définitif à la paix, sur le dialogue dont le processus avait été amorcé en 2017 à Libreville et annoncé pour fin 2018 par le Gouvernement. Or visiblement, il ne pourra se tenir cette année car nous sommes déjà au mois de décembre.
Quelles sont les raisons de ce blocage ?

2. Les Elus de la Nation aimeraient avoir une visibilité sur l’opérationnalité de cette Initiative en ce qui concerne, la date, le lieu et le format ?
Aussi aimeraient-ils connaître les raisons de la non désignation à ce jour de l’Envoyé Spécial conjoint Nations-Unies/Union Africaine pour le Dialogue ?

3. En prélude au Dialogue, le Panel de l’Union Africaine a entamé ses activités depuis juin 2018, tant à Bangui qu’à l’arrière-pays. A ce jour, il éprouve des difficultés financières dues à l’absence de financement de certains pays membres du Panel. Que fait le Gouvernement pour le financement desdites activités ?

Reprenant la parole, le Président NGON-BABA a invité le Chef du Gouvernement Simplice Mathieu SARANDJI à prendre la parole suite aux questions énoncées dans l’exposé des motifs.

Ainsi, il a d’emblée souligné la détermination et surtout l’engagement sans ambiguïté du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA à aller à ce Dialogue qui a tendu la main à ses frères pour leurs faire entendre raison.

Puis, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, sur autorisation sollicitée auprès du Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Laurent NGON-BABA a demandé à Son Excellence, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, Charles Armel DOUBANE et sa collègue Ministre de la Défense Nationale, Madame Marie Noëlle KOYARA d’intervenir tour-à-tour pour présenter le décor de la feuille de route du Panel des Facilitateurs de l’Union Africaine et son processus d’exécution.

Ainsi, au travers de leurs réponses, il est à comprendre que l’Initiative Africaine pour la paix est la fusion de plusieurs initiatives.

Aucun groupe parlementaire n’a souhaité prendre la parole à l’issue des déclarations des deux membres du Gouvernement mais ce sont plusieurs Honorables Députés qui ont souhaité intervenir individuellement.

Dans ce contexte, leurs préoccupations ont eu trait à des observations et des questions de fond entre autres la date et le lieu, le financement, la probable non adhésion de certains Chefs d’Etat à ce dialogue qui semble être dans l’impasse.

De l’avis général qui s’est dégagé des préoccupations légitimes des Honorables Députés et des éléments de réponse du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, l’heure est grave.

En tirant les leçons de cette interpellation, le Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Laurent NGON-BABA a fait le constat suivant :

« Sur les principales questions exprimées, je ne saurai quelles sont les réponses outre que celles qui ont été données et par le Premier Ministre et par les membres du Gouvernement, je ne sais pas quel niveau des variations de réponse que nous pouvons obtenir ».

Aussi, a-t-il ajouté :

« j’estime que la Représentation Nationale est suffisamment informée sur l’Initiative de paix de l’Union Africaine en République Centrafricaine et pourra prendre les décisions nécessaires et surtout envisager l’action à mener pour l’avenir du peuple centrafricain que nous représentons ».

« A cet effet, les Elus de la Nation se retrouveront le vendredi 14 décembre 2018 pour échanger et arrêter cette action à mener en concertation » a précisé le Président de l’Assemblée Nationale.